Outre-Rhin, Sécurité sociale rime avec “excédent”

Publié le 10 septembre 2012

En France, le trou de la Sécurité sociale est une plaie si récurrente et profonde qu'il n'est même plus un sujet (17,4 milliards d'euros tout de même) : la dernière campagne présidentielle a été fort peu bavarde à ce propos. Et le nouveau gouvernement bien peu disert sur les solutions qu'il envisage.

Et si comparaison n'est pas raison, il est tout de même tentant de se pencher sur ce rapport de la Direction du Trésor publié en août dernier qui conclut que "le système allemand apparaît plus simple". Lequel système est excédentaire depuis … 2004, et affiche une cagnotte de 13,8 milliards d'euros pour 2011 !

Aux grands maux, les grands remèdes car comme l'écrit Le Figaro, "l'Allemagne s'est infligé un traitement de cheval dans les années 1990 et 2000 : réduction du champ des remboursements, ticket modérateur de 10 euros par trimestre pour les consultations, limitation des prescriptions de médicaments, développement des génériques …"

En France, c'est plutôt à l'homéopathie qu'on fait confiance, surtout en matière de réformes : "Le gouvernement Ayrault ne veut pas augmenter les prélèvements obligatoires pour combler le trou de la Sécu, l'Allemagne finance depuis des années, à hauteur de 35%, son système social par l'impôt."

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Une source de financement qui rappelle le débat sur la TVA sociale, abrogée par François Hollande avant de voir le jour comme en avait décidé Nicolas Sarkozy au terme de son mandat. Alors, comment financer la générosité-à-la-française ?

Une piste va être explorée par le secteur hospitalier – dont l'homologue allemand a subi de lourds restructurations - : un accord a été signée entre l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris et une société du Moyen-Orient, Globemed, pour attirer les riches patients étrangers. Soumis à des tarifs supérieurs à ceux pratiqués pour les patients français, ils participeraient ainsi au soulagement des déficits de l'hôpital français.

A défaut de passer le Rhin pour chercher de l'inspiration, la France choisit de devenir "l'hôpital du monde".

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