Depuis quelques semaines, les Barcelonais ont plusieurs fois eu l’occasion de découvrir des lignes tracées durant la nuit sur le trottoir de certaines rues touristiques du centre-ville, relate La Vanguardia. Ces lignes forment deux voies, avec, dans chacune d’elles, une inscription : d’un côté ”touristes”, de l’autre ”Barcelonais”. Si personne ne connaît l’identité du graffiteur de la nuit, le message est on ne peut plus clair : certains Catalans en ont ras la casquette de l’invasion touristique. Le dernier coup de l’artiste anonyme remonte au 8 juin, le jour même où le président du tourisme de Barcelone, Joan Gaspart, se targuait publiquement d’une augmentation de 12 à 15% du nombre de visiteurs au cours de l’année. Plusieurs citadins comme Maria Mas, présidente de l'Asociación de Vecinos del Casc Antic (l'association du quartier de la Vieille ville), applaudissent l’initiative, ”qui, à son sens, n’est pas dirigée contre le tourisme" , mais "appelle à un peu de réflexion", précise le quotidien catalan. En effet, avec la multiplication du nombre de tours operator et de vols low cost, Barcelone est devenue l’une des destinations européennes les plus prisées pour les week-ends de fêtes bien arrosées. The Observer, qui s’est intéressé au sujet, explique pour sa part l'hostilité catalane par le comportement de ”certains touristes d’Europe du nord et centrale” qui, motivés par ”la célèbre atmosphère libérale de la ville”, n’hésitent pas à marcher torse nu en plein centre ville. Une attitude qui aurait le chic d’exacerber la susceptibilité catalane.
Pour Ole Thorson, membre du collectif Catalunya Camina, cet ”acte étrange” serait un prétexte pour démontrer que dans de nombreux endroits comme sur les Ramblas, les piétons ont besoin davantage d’espaces car, précise-t-il à La Vanguardia, ”les différents rythmes de marche peuvent gêner plus d'un citadin” …
Fin mai, une initiative similaire suscitait la controverse à New York. Le collectif Improv Everywhere avait en effet séparé un trottoir de Fifth Avenue en deux pour mieux réguler le flux des marcheurs entre touristes qui flânent et photographient et New-yorkers très speed. Une caméra filmait la réaction des passants devant cette initiative prétendument communale. En découvrant le happening, le maire de la ville, Michael Bloomberg, a qualifié l’idée de ”futée”, avant de calmer la ferveur artistique, et de rappeler que de nombreuses personnes vivaient du tourisme.
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