
Deux forces politiques à égalité
Conformément aux prévisions, les régions rurales et plus pauvres, de même que l'électorat plus âgé, se sont ralliés au conservateur Kaczyński, tandis que Komorowski raflait l'essentiel des zones urbaines [la carte électorale]. Pour Rzeczpospolita, si Komorowski remporte la victoire, c'est à Kaczyński que revient “la réussite sur le plan politique”, car son résultat solide ainsi que le soutien croissant au PiS montrent que les deux principales forces politiques de la Pologne sont “à égalité”. La Plate-forme civique “ne possède aucune garantie à vie de rester au pouvoir”, souligne ainsi le quotidien conservateur.
A présent que la Plate-forme civique détient à la fois la présidence et le poste de Premier ministre, le parti "n’a plus d’excuse pour ne pas mener à bien les réformes nécessaires", poursuit Rzeczpospolita dans son analyse post-électorale. Sous la présidence de Lech Kaczyński, la réforme du système de santé était restée dans l’impasse. D’autres projets concernant l’assurance-santé, les finances publiques et le double système d’assurance santé-retraite des agriculteurs pourraient également faire grincer des dents, souligne le quotidien de Varsovie, laissant entendre que la victoire à l’arrachée de Komorowski pourrait préfigurer celle de son rival, Kaczyński, aux législatives de 2011.
Même son de cloche du côté du quotidien libéral Gazeta Wyborcza, qui indique en forme d’avertissement, que si le parti du Premier ministre, Donald Tusk, "ne témoigne pas de sa capacité à réformer et à satisfaire aux critères culturels d’une démocratie européenne", il court le risque d’une défaite aux prochaines élections.
Une nouvelle vague de populisme plebiscitée
Le scrutin de dimanche a révélé une fracture divisant la société polonaise en deux, affirme Adam Michnik, rédacteur en chef de Gazeta. Le camp victorieux est celui des Polonais pour qui "l’avenir de leur pays s’écrira au sein de l’Union européenne, en tant que démocratie pluraliste, respectueuse de l’économie de marché et de l’Etat de droit". Les perdants, en revanche, seraient représentés par "une droite autoritaire, incarnée par Jarosław Kaczyński et ses proches, et constituent une menace pour la démocratie en Pologne". Michnik note que la traditionnelle opposition gauche/droite ne reflète plus la réalité de la situation en Europe centrale et orientale, ainsi que dans certains pays d’Europe occidentale où "une nouvelle vague de populisme se présentant sous diverses bannières idéologiques" est de plus en plus plébiscitée par l’opinion publique.

Vous appréciez notre travail ?
Contribuez à faire vivre un journalisme européen et multilingue, libre d’accès et sans publicité. Votre don, ponctuel ou mensuel, garantit l’indépendance de notre rédaction. Merci !

