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Un Russe, un vrai, sinon rien

Les femmes de l’ex-Union soviétique font depuis longtemps les beaux jours des agences matrimoniales internationales. Aujourd’hui, c’est au tour des hommes de séduire les Européennes, constate avec étonnement Lidové noviny.

Publié le 24 mars 2010 à 13:22
L'homme russe, comme ces membres du club de l’Ours Polaire de Moscou, sont le nouvel objet du désir des Européennes. Photo: Carl Mydans

A première vue, l’histoire de Andreï Tchistiakov, un jeune russe originaire de Nijni Novgorod, est assez banale : il s’est fait plaquer par sa petite amie. Olga a passé les derniers mois de leur vie de couple devant son ordinateur. Tandis qu’il espérait secrètement qu’elle cherchait un appartement où ils pourraient s’installer ensemble, elle s’était en fait mise en quête d’un étranger à épouser. Elle en avait assez du deux pièces minable qu’elle occupait avec Andreï, sa mère, un frère plus jeune et un beau-père en permanence sous l’emprise de l’alcool.

Un beau jour, elle lui a annoncé en passant, comme une évidence : "Je pars au Canada". Andreï ne se doutait de rien : "Et pour combien de temps ?", lui a-t-il demandé. "Pour toujours". Et c’est presque avec fierté qu’elle a ajouté : "Je vais me marier là-bas". Andreï n’a pu se contenir. Il l’a giflée. Ce soir là, avec quelques amis, il s’est saoulé à la vodka. Andreï a vite trouvé sa place dans les statistiques, en tant que prototype de l’homme russe : diplômé de l’université, sans emploi, enclin à la violence conjugale, exempté du service militaire pour raisons de santé, porté sur la bouteille et célibataire. Olga, à son tour, est entrée dans une catégorie statistique : Russe modeste et toujours tirée à quatre épingles, mariée à un étranger rencontré grâce à une agence matrimoniale.

De "vrais mâles, à la fois romantiques et délicieusement virils"

Les premiers effets de la colère retombés, Andreï a pris le parti de mettre une annonce sur Internet. Il a reçu des réponses du monde entier. Pour l’instant, c’est une Bulgare qui remporte ses faveurs. L’histoire d’Andreï est celle de milliers de Russes. Alors qu’ils ne sont pour leurs femmes que "des brutes et des ivrognes dépensiers", ils apparaissent aux yeux des étrangères comme de "vrais mâles, à la fois romantiques, hommes de cœur et délicieusement virils".

Selon les experts, le marché des femmes russes à marier montrerait des signes de saturation, alors que l’arrivée de leurs compatriotes masculins sur le marché matrimonial est encore très récente. Toute Européenne émancipée ne pourrait qu’être enthousiaste à l’idée de ramener à la maison ce Russe si bien bâti, qui force le respect et ne s'embête pas à lire des encyclopédies avant de s'endormir. Les femmes russes ont beau les mettre garde, rien n’y fait. Pour les Occidentales, explique le psychothérapeute Pavel Ponomariov, "l’homme russe est une espèce exotique".

Les plus attrayants après les Italiens et les Américains

Un peu comme un Tarzan de l’Est. Elles sont rares aujourd’hui les Européennes qui voudraient avoir auprès d’elles un de ces intellectuels, myope comme une taupe, ou l’un de ces banquiers rasoirs, fades et sans le moindre muscle. L’intellect et la formation, elles les ont déjà. Ce qui leur faut désormais, c’est un homme, un vrai, un de ceux à la peau tannée par les vents sibériens. Aujourd’hui, les Russes figurent à la troisième place des hommes les plus attrayants de la planète, juste derrière les Italiens et les Américains. Et ils ont donc tout le loisir de pouvoir choisir la nationalité de l’élue de leur cœur. Par ordre de préférence, la plupart des hommes russes sont d’abord attirés par les Anglaises et les Allemandes, puis par les Luxembourgeoises et les Italiennes, enfin par les Tchèques et les Polonaises.

Mais il n’est pas toujours certain que le premier éblouissement suscité par cette "nature sauvage" dure très longtemps. "Des ivrognes, des feignants, des primates et des crasseux, des petites frappes qui n’ont aucun goût et qui s’habillent comme des mafieux, des alcooliques, des toxicos, des égocentriques invétérés…" Ce ne sont là que quelques-uns des traits de caractère les plus aimables que leur attribuent les étrangères ! Les hommes de l’Ouest y ont également droit. Mais il semblerait que l’harpagon, au col serré et dénué d’humour soit une calamité bien plus grande que le russe alcoolo. La femme de l’Est, elle, pourrait bien incarner l’idéal de ce siècle.

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