Le sommet Chine UE, qui s'est tenu mercredi 6 octobre à Bruxelles, s'est mal terminé. La conférence de presse que devaient donner le Président du Conseil Herman Van Rompuy, le président de la Commission José Manuel Barroso et le Premier ministre chinois Wen Jiabao n'a pas eu lieu. Annulée à la dernière minute sans aucune véritable explication. Que s'est-il exactement passé ?
Les propos aigre-doux échangés depuis deux jours entre les Européens et les Chinois sur la nécessité de réévaluer le yuan suffisent-ils à expliquer cette annulation abrupte ? La "guerre des monnaies" alimente les colonnes de la presse internationale et le ton des échanges pourrait expliquer à lui seul la mauvaise ambiance en fin de journée mercredi. Un diplomate, écrit EUobserver, a ainsi déclaré à l’AFP, "nous nous sommes rendus compte durant les discussions qu’il y aurait peu de chose à dire".
Ca ne serait donc plus "les droits de l’homme, le Tibet ou Taiwan qui alimentent la controverse, mais le taux de change du yuan", écrit La Libre Belgique, qui explique ainsi l’annulation de dernière minute.
Mais d’autres voix avancent que l’annulation serait le fait de la seule délégation chinoise qui redoutait les questions de la presse libre chinoise, poursuit EUobs. Des journalistes accrédités de The Epoch Times et de New Tang Dynasty Television auraient rencontré de grandes difficultés à entrer dans l’immeuble où la conférence devait se tenir avant qu’elle ne soit brutalement annulée. "Pékin s’oppose à ces deux entreprises de presse en raison de leurs reportages sur la question des droits de l’homme en Chine, le trafic d’organe ainsi que la corruption et la mauvaise gouvernance en Chine"[, écrit The Epoch Times](http:// http://www.theepochtimes.com/n2/content/view/43826/).
Quoi qu'il en soit, cette annulation a le mérite de rappeler que la Chine n'est pas seulement le géant économique plein de cash qui effraie- ou rassure- bon nombre d'Européens, elle est également un régime autoritaire qui a quelques gros soucis avec les défenseurs des droits de l'homme.
Caroline Marcelin
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