Famine : ce que l’Europe peut faire

Le temps n’est plus aux palabres : la situation dans la Corne d’Afrique est telle que les Européens doivent intervenir. A commencer par aider à réorganiser un pays déchiré par des décennies de guerres civiles.

Publié le 16 août 2011 à 12:37
 | Mogadiscio, 15 août. Un groupe de déplacées internes fait la file dans la cour d'un centre de distribution d'aide alimentaire.

Il n’y a pas de pauvreté en Somalie, mais de la misère. La pauvreté est digne, la misère avilit. C’est une combinaison de violence, de désordre et de pénurie. Il faut agir, et non parler. La Somalie et ses voisins attendent quatre choses de l’Europe : premièrement, de l’organisation, c’est-à-dire une logistique de survie. Deuxièmement, des médecins et des médicaments. Troisièmement, une force de police, qu’à l’heure actuelle il faut importer. Et enfin, des vivres. Pas pour une semaine, mais pour un an.

Si les Européens veulent aider la Somalie aujourd’hui, ils doivent affronter l’urgence, la maladie, la faim et l’extrême violence. Mais s’ils veulent penser à demain, ils doivent doter le pays de centres de formation et d’une police qui protège ces centres. En ayant bien conscience des délais : ici une formation ne demande pas 20 ans, mais un an ou deux. Particulièrement avec des pays comme la Somalie, l’Union européenne doit offrir une transparence vérifiable à tout moment.

Dans l’UE, qui pilote une grande partie de l’aide au développement, une grande majorité des fonds est d’origine publique, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis. Aux Pays-Bas et dans les pays nordiques (Danemark, Norvège, Suède et Finlande), les apports privés par habitant sont cinq fois supérieurs à ceux de l’Espagne et du Portugal.

Depuis les années 1970, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont paradoxalement contribué à déstructurer la société somalienne en tentant de lui donner une structure efficace. L’aide alimentaire faisait monter et descendre les plateaux de leur balance. Les Européens, les Américains et les Japonais ont essayé d’équilibrer le nomadisme pastoral nomade et l’agriculture sédentaire. Tout ce qu’ils ont réussi à faire, c’est réduire de plus en plus la capacité de l’Etat. Aujourd’hui le mal s’étend au Kenya, à l’Erythrée, à l’Ethiopie et à Djibouti.

Plus de 370 000 victimes attendent dans des camps de réfugiés autour de Mogadiscio et 160 000 autres ont fui le pays. Beaucoup, surtout des femmes et des enfants, sont morts de faim ou de soif en chemin. Le pont aérien européen fonctionne cependant avec succès depuis le 27 juillet. Comme en Haïti il y a un an et demi, les Américains et les Européens ont envoyé une quantité considérable de médicaments et de matériel sanitaire.

Mais le plus important est ce qui a été mentionné plus haut : les premières équipes spécialisées dans l’organisation et la distribution des biens de première nécessité sont arrivées et elles pourront assurer la survie si une police est là pour les protéger.

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