Revue de presse Commission européenne

L’embarrassante démission du commissaire Dalli

Publié le 17 octobre 2012 à 11:46

Un triste jour pour Malte” : c’est ainsi que Times of Malta réagità la démission du Commissaire européen maltais John Dalli, en charge de la Santé et de la politique des consommateurs.

Celui-ci est en effet soupçonné de trafic d’influence par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf). L’organisme avait été saisi en mai 2012 par le producteur de tabac suédois Swedish Match, qui s’est plaint d’avoir été approché par Silvio Zammit, un homme d’affaires maltais. Celui-ci aurait fait valoir sa proximité avec Dalli pour proposer d’intervenir auprès de lui alors que le commissaire européen travaillait au durcissement de la législation sur le tabac, et cela, en échange d’avantages financiers. Si l’enquête ne conclut pas à une “participation directe” de Dalli, elle estime néanmoins qu’il était “informé” des démarches du producteur maltais.

Si John Dalli a rejeté en bloc ces accusations, le quotidien maltais estime néanmoins dans son éditorial que les allégations sont “assez sérieuses pour avoir causé son départ”, et rappelle que

ce n’est pas la première fois, au cours de sa longue carrière, que M. Dalli navigue en eaux troubles. Peu après avoir été nommé ministre des Affaires étrangères, en 2004, M. Dalli a été contraint de démissionner après des allégations sur sa conduite [des accusations qui se sont révélées infondées].

Le quotidien économique français Les Echos s’intéressequant à lui à la réaction de Bruxelles,

La Commission européenne semble vouloir se débarasser au plus vite de l’affaire […] A Bruxelles, le Commissaire Dalli n’était pas très populaire. En charge de dossiers très importants comme l’autorisation des médicaments, la protection des consommateurs, on lui reproche sa timidité face aux conflits d’intérêts dans les agences, comme l’agence européenne du médicament […], et sa gestion l’an dernier de la crise de l’E-Colli n’a guère été appréciée […]. Pour Bruxelles, l’affaire tombe au plus mauvais moment : elle fait déjà le bonheur des eurosceptiques.

Les Echos rappelle également que depuis la Commission présidée par Jacques Santer, contrainte à la démission en 1999 pour mauvaise gestion, “aucun commissaire n’a dû démissionner”.

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