Décryptage UE-Russie

Partenariat oriental : l’Union peut-elle encore être une force de transformation à l’Est ?

Près d’une décennie après son lancement en 2019, le Partenariat oriental demeure largement méconnu des Européens et est victime d’une vision encore essentiellement Russie-centrée en Europe de l’ouest. Tandis que l’absence de progrès des pays du Partenariat oriental alimente le ressentiment, crée de l'instabilité et stimule les pulsions populistes.

Publié le 8 avril 2021 à 16:42

Près d’une décennie après son lancement en 2019, le Partenariat oriental demeure largement méconnu des Européens et est victime d’une vision encore essentiellement Russie-centrée en Europe de l’ouest. Tandis que l’absence de progrès des pays du Partenariat oriental alimente le ressentiment, crée de l'instabilité et stimule les pulsions populistes.

La politique de partenariat oriental de l'UE est un peu comme un test de Rorschach. Selon la personne qui l'observe, elle change radicalement de forme et de signification. Vu de Varsovie ou de Vilnius, c'est un projet d'une grande importance économique, stratégique et civile ; pour les Italiens, les Français, les Néerlandais et de nombreux autres pays d'Europe occidentale, ce n'est qu'un vague programme dont on ne connaît pas les détails et dont on ne comprend pas bien les objectifs.

On parle peu du Partenariat oriental dans les médias, et quand il en est question, c'est avant tout d'un point de vue national, jamais européen. En effet, il est fort probable que même les dirigeants politiques connaissent mal son cadre.

Des connaissances partielles sur les anciens Etats soviétiques

Un argument similaire peut être avancé pour les pays impliqués dans le partenariat. En raison de leur contiguïté géographique ou de leurs expériences historiques communes, les Etats d'Europe centrale et orientale connaissent bien les événements survenus en Biélorussie, en Ukraine, en Moldavie, en Géorgie, en Arménie et en Azerbaïdjan.

Au contraire, en Europe occidentale, la connaissance des anciens Etats soviétiques est souvent fragmentaire, projetée dans un espace géographique et politique indéfini, dominé par la Russie ou directement confondu avec la Russie, ses frontières et ses intérêts.

Par conséquent, la plupart des pays d'Europe occidentale estiment que les questions relatives aux membres du Partenariat oriental doivent être convenues avec Moscou plutôt qu'avec les gouvernements locaux, sans même parler du partenariat.

Cette attitude est devenue encore plus évidente avec les …

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