Data Réchauffement climatique

L’érosion des plages menace les vacances à la mer

Les données sur le réchauffement climatique montrent que de nombreuses stations balnéaires de l’Europe atlantique et méditerranéenne pourraient perdre leurs plages en raison de l’érosion du sable causée par l’élévation du niveau de la mer et l’action humaine.

Publié le 22 juillet 2020 à 17:00

Cet été, en raison de la distanciation sociale et d’autres mesures visant à limiter la propagation de Covid-19, l’accès aux plages d’Europe est plus difficile que d’habitude. Cependant, d’ici la fin du siècle, passer des vacances à la mer pourrait s’avérer encore plus difficile en raison des conséquences du réchauffement climatique.

Les lieux de vacances populaires du bord de mer en Méditerranée et dans l’Atlantique pourraient perdre en attractivité, car l’augmentation des températures entraîne l’élévation du niveau de la mer. Cela ne fera qu’aggraver les dégâts déjà causés par l’Homme et accélérer l’érosion des plages de sable.

Parmi les plages à risque les plus populaires, citons San Teodoro en Sardaigne et Lignano Sabbiadoro dans la lagune de Venise, les îles grecques de Leucade et Lesbos situées respectivement dans les îles Ioniennes et au nord-est de la mer Égée, Saint-Tropez sur la Côte d’Azur, Santa Cruz à Tenerife (îles Canaries), et celles des îles de San Jorge et San Miguel dans l’archipel portugais des Açores.

Nous avons analysé les données fournies par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, dont il a été fait mention dans un article précédent. Plus précisément, nous avons calculé le niveau moyen d’érosion des plages dans chaque municipalité des cinq États membres de l’Union européenne ayant le littoral le plus étendu et le tourisme balnéaire le plus important d’Europe, à savoir la France, l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal.

Il ressort de nos estimations que parmi les 100 municipalités ayant les plages les plus menacées, 60 se situent en France (plus des deux tiers dans les régions Poitou-Charentes, Basse-Normandie et Aquitaine), 17 en Espagne (presque toutes en Galice, aux Baléares et aux Canaries), 9 en Grèce (deux tiers à l’ouest et en Macédoine), 5 en Italie (presque la moitié en Sardaigne) et 4 au Portugal (la moitié dans l’archipel des Açores).

Cet été, en raison de la distanciation sociale et d’autres mesures visant à limiter la propagation de Covid-19, l’accès aux plages d’Europe est plus difficile que d’habitude. Cependant, d’ici la fin du siècle, passer des vacances à la mer pourrait s’avérer encore plus difficile en raison des conséquences du réchauffement climatique.

Les lieux de vacances populaires du bord de mer en Méditerranée et dans l’Atlantique pourraient perdre en attractivité, car l’augmentation des températures entraîne l’élévation du niveau de la mer. Cela ne fera qu’aggraver les dégâts déjà causés par l’Homme et accélérer l’érosion des plages de sable.

Parmi les plages à risque les plus populaires, citons San Teodoro en Sardaigne et Lignano Sabbiadoro dans la lagune de Venise, les îles grecques de Leucade et Lesbos situées respectivement dans les îles Ioniennes et au nord-est de la mer Égée, Saint-Tropez sur la Côte d’Azur, Santa Cruz à Tenerife (îles Canaries), et celles des îles de San Jorge et San Miguel dans l’archipel portugais des Açores.

Nous avons analysé les données fournies par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, dont il a été fait mention dans un article précédent. Plus précisément, nous avons calculé le niveau moyen d’érosion des plages dans chaque municipalité des cinq États membres de l’Union européenne ayant le littoral le plus étendu et le tourisme balnéaire le plus important d’Europe, à savoir la France, l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal.

France

Il ressort de nos estimations que parmi les 100 municipalités ayant les plages les plus menacées, 60 se situent en France (plus des deux tiers dans les régions Poitou-Charentes, Basse-Normandie et Aquitaine), 17 en Espagne (presque toutes en Galice, aux Baléares et aux Canaries), 9 en Grèce (deux tiers à l’ouest et en Macédoine), 5 en Italie (presque la moitié en Sardaigne) et 4 au Portugal (la moitié dans l’archipel des Açores).

Espagne

Le long du littoral espagnol, l’érosion pourrait détruire complètement les plages de 101 des 412 municipalités (20 %), y compris Ceuta et Melilla en Afrique du Nord. Dans les municipalités restantes (46%), la couche de sable se réduira de quelques centimètres jusqu’à atteindre un niveau critique, tandis qu’au moins 30 % connaîtront une certaine expansion côtière. Dans la région populaire d’Alicante sur la Costa Blanca, les plages reculeront de 38 mètres en moyenne, mais elles pourraient disparaître complètement à certains endroits.

Pour ce qui est de la répartition à l’échelle régionale, en Méditerranée, les municipalités où les plages vont presque certainement disparaître sont au nombre de 18 sur 62 en Andalousie (29 %), 9 sur 71 en Catalogne (13 %), 8 sur 62 dans la Communauté valencienne (13 %), 5 sur 9 dans la région de Murcie (50 %), 12 sur 31 aux Baléares (39 %). Les municipalités menacées le long de l’Atlantique sont au nombre de 27 sur 61 en Galice (44 %), 6 sur 18 en Cantabrie (33 %), et 12 sur 64 aux Canaries (19 %). Dans la principauté des Asturies, en revanche, 5 municipalités sur 11 connaîtront une expansion côtière, tandis que les 6 autres enregistreront un niveau d’érosion critique, sans pour autant perdre complètement leurs plages.

Portugal

Le long du littoral portugais, l’érosion pourrait détruire complètement les plages de 69 des 188 municipalités (37%). Dans les municipalités restantes (43%), la couche de sable se réduira de quelques centimètres jusqu’à atteindre un niveau critique, tandis que 21% connaîtront une expansion côtière. Dans la région populaire de Faro, à l’extrême sud du pays, les plages reculeront de 37 mètres en moyenne, mais elles pourraient disparaître complètement à certains endroits. Pour ce qui est de la répartition à l’échelle régionale, les municipalités de la côte atlantique où les plages vont presque certainement disparaître sont au nombre de 3 sur 8 dans l’Alentejo (38 %), 11 sur 38 dans l’Algarve (29 %), 7 sur 25 dans la région métropolitaine de Lisbonne (28 %), 20 sur 40 dans la région Centre (50 %), 18 sur 35 dans la région Nord (51 %) et 10 sur 32 dans les Açores (31 %). En revanche, toutes les municipalités de la région autonome de Madère verront leurs plages s’étendre.

Grèce

Le long du littoral grec, l’érosion pourrait détruire complètement les plages de 188 des 1005 municipalités (19%). Dans les municipalités restantes (74%), la couche de sable se réduira de quelques centimètres jusqu’à atteindre un niveau critique, tandis que seuls 7% connaîtront une expansion côtière. Dans les célèbres îles de Mykonos, Ios, Paros et Naxos, dans l’archipel des Cyclades, les plages reculeront de 70 mètres en moyenne, mais elles pourraient disparaître complètement à certains endroits. Pour ce qui est de la répartition à l’échelle régionale, les municipalités où les plages vont presque certainement disparaître sont au nombre de 19 sur 69 en Attique (28 %), 5 sur 21 en Épire (24 %), 24 sur 96 dans le nord de la mer Égée (25 %), 8 sur 147 dans le sud de la mer Égée (5 %), 14 sur 83 en Grèce-Centrale (17 %), 27 sur 75 en Grèce-Occidentale (36 %), 20 sur 90 (22 %) dans les îles Ioniennes, 22 sur 73 en Macédoine-Centrale (30 %), 18 sur 48 en Macédoine-Orientale-et-Thrace (38 %), 12 sur 119 dans le Péloponnèse (10 %), 5 sur 32 en Thessalie (16 %) et 14 sur 152 en Crète (9 %).

Italie

Le long du littoral italien, l’érosion pourrait détruire complètement les plages de 109 des 584 municipalités (11%). Dans les municipalités restantes (74%), la couche de sable se réduira de quelques centimètres jusqu’à atteindre un niveau critique, tandis que seuls 7% connaîtront une expansion côtière. Dans la zone populaire de Rimini, les plages reculeront de 40 mètres en moyenne, mais elles pourraient complètement disparaître à certains endroits. Pour ce qui est de la répartition à l’échelle régionale, les municipalités de la côte adriatique où les plages vont presque certainement disparaître sont au nombre de 3 sur 7 dans le Frioul-Vénétie Julienne (43 %), 5 sur 12 en Vénétie (42 %), 7 sur 13 en Émilie-Romagne (54 %), 4 sur 25 dans les Marches (16 %), 5 sur 16 dans les Abruzzes (31 %), 2 sur 4 dans le Molise (50 %), 6 sur 67 dans les Pouilles (9 %). Les municipalités menacées le long de la côte ionienne sont au nombre de 3 sur 8 en Basilicate (38 %), et de 12 sur 114 en Calabre (11 %) ; le long de la côte tyrrhénienne, hormis la Calabre, elles sont au nombre de 4 sur 42 en Campanie (10 %), 6 sur 23 dans le Latium (26 %), 5 sur 33 en Toscane (15 %) et 3 sur 47 en Ligurie (6 %). En Sicile et en Sardaigne, le nombre de municipalités ayant des plages susceptibles de disparaître est, respectivement, de 20 sur 111 (18 %) et de 24 sur 62 (19 %).

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Méthodologie

L’étude du Centre commun de recherche (JRC) calcule l’érosion nette des plages en combinant trois facteurs: outre l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique, elle tient compte de l’intensification des intempéries et des barrières artificielles le long des littoraux (bâtiments, routes, barrages) qui ont considérablement réduit l’apport naturel de matériaux permettant la régénération des plages. L’étude prend également en compte l’apport de débris qui descendent les rivières et les fleuves en raison de l’activité humaine ou de causes naturelles, ainsi que l’élévation du niveau des sols qui peut dans certains cas compenser l’érosion et entraîner l’expansion côtière. Les chercheurs ont établi différentes prévisions en fonction du scénario climatique (niveaux élevés ou faibles d’émission de gaz et de gaz à effet de serre) et des périodes de temps (2050 et 2100). Plus la quantité de gaz à effet de serre émise par l’économie mondiale est grande, plus sa contribution au réchauffement climatique et donc à l’élévation du niveau des mers (par la dilatation thermique et la fonte des glaces) est importante.

Les données élaborées par les chercheurs mesurent le niveau d’érosion des plages qui se produirait à l’intérieur des terres s’il n’y avait pas de barrières physiques pour arrêter l’avancée de la mer. Par conséquent, certaines estimations sont exagérées. Afin de permettre une lecture plus réaliste des données, nous avons choisi de regrouper les plages en trois catégories distinctes, correspondant à un même nombre d’indices de risque: érosion entre zéro et un niveau critique (jusqu’à 100 mètres d’érosion), plage les plus susceptibles de disparaître (plus de 100 mètres d’érosion), et expansion côtière (plus de zéro mètre). Le graphique et la carte se réfèrent tous deux au scénario climatique le plus pessimiste, avec la plus forte élévation du niveau de la mer au cours de la période allant jusqu’à 2100.

Lire aussi : Adieu les plages

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