“Le déclin démographique à l'échelle mondiale devrait commencer plusieurs décennies plus tôt que prévu”, notait Marc Novicoff dans le magazine culturel américain The Atlantic. Alors que les prévisions des Nations unies estimaient que le déclin mondial commencerait en 2084, certains experts le prévoient désormais pour 2055.
“La diminution de la population en Ukraine n'est pas un cas isolé. Il s'agit d'un processus mondial, que la science démographique appelle la ‘transition démographique’. Ce qui est unique, c’est la situation dans laquelle se trouve l’Ukraine”, explique Oleksander Gladun, de l’Institut Ptoukha de démographie et d’études sociales de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine.
En effet, l’Ukraine traverse une grave crise démographique. Dès 2023, le journal en ligne Kyiv Independent titrait sur la “Catastrophe démographique : la plus grande menace d’après-guerre pour l’Ukraine”.
Compte tenu des pertes souvent importantes en vies humaines, tant parmi les militaires que parmi les civils, la guerre n’a jamais d’impact positif sur la démographie d’un pays. De plus, poursuit Gladun, “la mortalité augmente également en raison de l’aggravation des maladies chroniques, du stress et, dans certains cas, de l’impossibilité de recevoir des soins médicaux à temps”. Parallèlement, les taux de natalité baissent : “les gens reportent leur décision d’avoir des enfants. C’est une réaction naturelle”, explique-t-il.
| Témoignage | Avoir un bébé pendant la guerre, par Angelina Kariakina |
| Mon mari et moi voulions fonder une famille. Nous avions prévu d’avoir un enfant et nous nous sommes lancés quoi qu’il arrive. Bien sûr, nous avons pris certains facteurs en considération : nous avions notre propre maison, un endroit sûr pour le moment et où nous nous sentions bien tous ensemble. Nous avions un emploi et des économies qui nous permettaient de planifier notre avenir. Je dirais même que la guerre a en quelque sorte accéléré les choses pour nous. Nous n’en avons jamais discuté mais, intuitivement, je pense que nous sentions que notre temps pouvait être très limité, et qu’il fallait donc vivre notre vie quoi qu’il en soit. Je me suis demandé si j’étais suffisamment responsable pour mettre un enfant au monde dans un endroit soumis à des bombardements incessants – surtout quand je devais me cacher au sous-sol pendant les raids nocturnes ou entendre les explosions alors que j’étais enceinte, voire avec un bébé dans les bras. Mais quand je vois la vie de mes enfants à la maison, entourés de leur famille et de leurs amis, profitant de toutes les opportunités qui s’offrent encore à eux malgré la guerre qui sévit dans leur pays – voyager à travers l’Ukraine, découvrir leur culture, apprendre à connaître leurs racines –, cela fait disparaître ces pensées. Nous voulons que notre famille reste chez nous, nous voulons que nos enfants grandissent en Ukraine ; nous essayons de rendre leur vie à la maison aussi sûre que possible, mais tant que leur vie agréable et confortable à Kiev est encore envisageable, nous resterons ici. Nous avons bien sûr un plan B pour notre famille au cas où la sécurité se détériorerait. Il s’agit d’un lieu familial dans la partie la plus occidentale et probablement la plus sûre de l’Ukraine, sur lequel nous travaillons. Mais pour l’instant, nous sommes chez nous et c’est exactement ce qui nous fait nous sentir le plus en sécurité et le plus heureux. |
Selon les données publiées par le ministère ukrainien de la Justice et citées par le Kyiv Independent, l’Ukraine a enregistré 495 090 décès en 2024. Ce chiffre est près de trois fois supérieur au nombre de naissances.
Selon les derniers chiffres annoncés par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’Ukraine a perdu 55 000 militaires (soldats de carrière et conscrits confondus) dans la guerre contre la Russie depuis février 2022. Ce chiffre est largement considéré comme étant nettement sous-estimé. Le Centre for Strategic and International Studies (CSIS), un groupe de réflexion basé à Washington, estime le nombre de morts entre 100 000 et 140 000, contre 275 000 à 325 000 pour l’armée russe.
“La population de l’Ukraine baisse depuis 1993”, explique Gladun. “La guerre a considérablement accéléré ce processus. Selon nos prévisions, la population continuera de diminuer. Cependant, le rythme de ce déclin dépendra de l’année et des conditions dans lesquelles la guerre prendra fin”.
Depuis 1991, date à laquelle elle a obtenu son indépendance de l’Union soviétique, l’Ukraine a perdu près de la moitié de sa population : “Selon mes estimations, la population ai sein du territoire contrôlé par le gouvernement ukrainien s’élevait à environ 28 millions de personnes début 2026. Fin 1991, la population était de 51,7 millions de personnes”. Une projection des Nations unies, citée par le journal indépendant Oukraïnska Pravda, estime la population à 15,3 millions d’habitants d’ici 2100.
Cependant, comme l’explique Gladun, ces chiffres doivent être replacés dans leur contexte. “Premièrement, le territoire actuellement sous contrôle du gouvernement est environ 20 % plus petit qu’il ne l’était en 1991. Deuxièmement, nous ne connaissons pas les données sur la population dans le territoire non contrôlé par le gouvernement. Troisièmement, nous ne savons pas combien de personnes parmi celles qui fuient actuellement la guerre à l’étranger retourneront dans le pays”.
Combien d’Ukrainiens sont réfugiés à l’étranger ?
Le Centre for Economic Strategy (CES) est un centre de recherche non gouvernemental ukrainien indépendant fondé à Kiev en 2025. Selon son cinquième rapport sur les réfugiés, publié début 2026, 5,6 millions d’Ukrainiens vivaient en tant que réfugiés à l’étranger. Parmi eux, quatre millions ont quitté l’Ukraine par les frontières occidentales.
“Nous comptons également plus de quatre millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays. Ainsi, plus de dix millions de personnes ont quitté leur foyer, ce qui représente environ 20 % de la population d'avant-guerre”, ajoute Gladun.
“L'Ukraine continue de perdre de la population après quatre ans d'invasion à grande échelle”, confirme Iryna Ippolitova, chercheuse senior au CES. “La principale cause de la baisse démographique est la migration. Selon les estimations du CES, environ 300 000 personnes ont quitté l’Ukraine en 2025. De plus, la population diminue en raison des pertes parmi le personnel militaire et les civils causées par la guerre, ainsi que de la baisse du taux de natalité”.
Fin août 2025, le gouvernement ukrainien a assoupli les restrictions de circulation transfrontalière pour les hommes âgés de 18 à 22 ans, et a autorisé les hommes de 23 ans et plus vivant à l’étranger à revenir temporairement en Ukraine. Jusqu’alors, la loi martiale en vigueur depuis le début de l’invasion totale russe en 2022 interdisait à tous les hommes âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays, à de rares exceptions près.
L'objectif était de garantir que l'armée dispose d'un nombre suffisant de recrues. “Nous voulons que les Ukrainiens maintiennent autant de liens que possible avec leur pays” a déclaré la Première ministre Ioulia Svyrydenko. Le gouvernement doit donc trouver un équilibre entre les exigences de la guerre et la nécessité de préserver les jeunes générations et d'assurer l'avenir de la nation.
Selon les données du CES, environ 96 000 hommes ont émigré entre août et novembre 2025. Le CSE s'appuie sur les données des gardes-frontières polonais, slovaques et roumains, ainsi que sur des estimations des données du DPSU. Les chiffres pour la Hongrie et la Moldavie sont extrapolés proportionnellement à partir des données des gardes-frontières ukrainiens sur la longueur totale de la frontière.
“Environ un jeune homme sur sept âgé de 18 à 22 ans a quitté le pays depuis août” 2025, indique le rapport. Selon BBC Ukraine, ces données ne tiennent pas compte du retour d’un nombre important de jeunes hommes, ni du fait qu’une même personne a pu franchir la frontière à plusieurs reprises. Le Kyiv Independent rapporte que les jeunes hommes quittent leur emploi, mais il précise également qu’il n’est pas possible de donner des chiffres exacts.
Combien reviendront ?
Le CES estime qu'entre 1,3 et 2,2 millions de personnes pourraient revenir en Ukraine une fois la guerre terminée, selon le scénario.
“La décision de rentrer sera influencée par toute une série de facteurs : la disponibilité de logements en Ukraine, les possibilités d’emploi, les infrastructures socio-éducatives pour les enfants, etc. Les gens vont comparer ce dont ils disposent dans leur pays d’accueil avec les opportunités offertes en Ukraine. Le degré d’adaptation au nouveau pays jouera également un rôle”, explique Oleksander Gladun.
Et, bien sûr, un facteur clé est la manière dont la guerre prendra fin – et dans quelles conditions. “Il y a deux ans, un sondage a montré que 25 % de personnes supplémentaires rentreraient si la guerre prenait fin selon les frontières de 1991 plutôt que selon la ligne de front actuelle”. L'opinion largement répandue est que “si la guerre prend fin à la ligne de front actuelle, la Fédération de Russie reprendra les hostilités dans quelques années”, déclare Gladun.
Parmi les citoyens ukrainiens à l’étranger, 66 % sont en âge de travailler (18-65 ans). Les jeunes (moins de 35 ans) représentent plus de la moitié des réfugiés ukrainiens (56 %). Ils sont la force vive du pays. Cependant, selon les données du CES, ils constituent également le segment démographique le moins enclin à revenir.
“Actuellement”, explique Iryna Ippolitova du CES, “nous constatons que les jeunes de moins de 35 ans sont beaucoup moins susceptibles de retourner en Ukraine que les personnes plus âgées, en particulier celles de plus de 50 ans. Il y a de nombreuses raisons à cela. Parmi celles-ci figurent une meilleure intégration dans les pays d’accueil, des facteurs économiques tels que l’emploi et les salaires, et surtout, les risques liés à la sécurité.
Le retour de ces personnes est possible sous certaines conditions. Tout d’abord, la sécurité doit être assurée et la guerre doit prendre fin. La manière dont la guerre prend fin a son importance pour les jeunes également : la plupart des réfugiés n’envisagent de rentrer que si la guerre est complètement terminée et que les vols civils reprennent en Ukraine. Un conflit gelé aurait un impact bien moindre sur la volonté des réfugiés de rentrer.”
Vitaly (un pseudonyme) est l’un de ces réfugiés. Âgé de 19 ans et vivant en France depuis deux ans, il est originaire du sud de l’Ukraine et s’est installé dans l’ouest du pays lorsque la guerre a éclaté. Il est venu en France pour poursuivre ses études, car le déclenchement de la guerre lui a fait perdre toute chance d’obtenir une bourse. Vitaly a envisagé plusieurs destinations, notamment la République tchèque et la Pologne. Il a finalement choisi la France car, dit-il, “j’ai réalisé que je devais viser plus haut”.
Aujourd’hui, Vitaly travaille sur des chantiers ou comme vendeur. En septembre, il compte s’inscrire en licence d’ingénierie. Il fait partie des innombrables jeunes qui se sont lancés dans un parcours difficile et compliqué dans un autre pays, et qui cherchent désormais à se construire une nouvelle vie. Vitaly a un projet, une vision pour l’avenir, et il tient à ne pas “gâcher” le sacrifice qu’il a consenti. “J’aimerais rester ici ; j’ai déjà appris le français, j’ai travaillé dur, et je veux aller à l’université”, dit-il. L’Ukraine, sa famille et les lieux qu’il connaît lui manquent, mais rentrer ne semble pas être une option viable.
“Je dirais que j’y retournerais si j’avais la chance de trouver un bon emploi bien rémunéré en Ukraine. Mais pour l’instant, l’économie ukrainienne s’est détériorée”, explique Antonina, 27 ans, qui vit en Italie avec sa mère depuis 2022. Originaire de Kharkiv, Antonina est aujourd’hui étudiante en master d’études européennes et internationales.
En termes de sécurité, la situation en Ukraine reste très précaire. “L’une des principales raisons est que nous ne savons pas quand la guerre prendra fin. Nous ne savons pas si nous en sommes au début ou en plein milieu. Je ne veux pas mettre ma vie entre parenthèses. Je crois que la bonne chose à faire est de démarrer ma carrière, et peut-être que je réussirai, peut-être que je rencontrerai mon partenaire et fonderai une famille.”
Actuellement, les Ukrainiens bénéficient d’une “protection temporaire” dans les pays de l’UE. Ce statut spécial leur permet d’étudier, de travailler et d’accéder au système de santé national. Introduit en mars 2022, il doit prendre fin en mars 2027.
Pour l’instant, on ne sait pas ce que feront les pays de l’UE après cette date. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déjà réitéré qu’il souhaitait limiter le nombre d’hommes ukrainiens demandant l’asile. Le plan consiste à faciliter le retour des réfugiés dans leur pays d’origine, afin qu’“ils puissent aider leur propre pays”, a-t-il déclaré.
L’adhésion à l’UE changerait-elle la tendance ?
Dans le quatrième épisode de la deuxième saison de Serviteur du peuple (la série télévisée de 2015-2019 dans laquelle Volodymyr Zelensky incarne un professeur d'histoire qui devient président de l'Ukraine), il est annoncé que l'Union européenne a approuvé l'exemption de visa pour les citoyens ukrainiens, marquant ainsi un premier pas vers l'adhésion à l'UE.
Le lendemain, le président Vasile Petrovitch Holoborodko se retrouve complètement seul en Ukraine, car tous ses concitoyens sont partis tenter leur chance en Europe. En octobre 2017, cette histoire pouvait sembler légèrement ironique, mais aujourd’hui, près de neuf ans plus tard, dont quatre passés en guerre, elle laisse un arrière-goût résolument amer : Kiev souhaite toujours adhérer à l’Union européenne, et l’Ukraine se vide littéralement de sa population.
“Il est encore difficile de prédire clairement les effets de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE”, affirme Iryna Ippolitova du CES. “L’expérience des pays d’Europe centrale suggère que certaines personnes pourraient partir, car elles auront la possibilité de travailler légalement dans l’UE”. Cependant, la libre circulation pourrait également “encourager certains émigrés à revenir et favoriser la migration circulaire parmi les Ukrainiens qui n’envisagent pas actuellement de rentrer, par crainte de perdre leur droit de travailler et de vivre dans l’UE”. Dans le même temps, ajoute Ippolitova, “l’Ukraine pourrait attirer des professionnels issus de l’UE pendant la phase de reconstruction”.
| Déclin démographique et renouvellement de la population |
| Environ 20 % du territoire ukrainien est occupé par l'armée russe. Et l’avenir du pays dépend en partie de ce qui se passera dans ces territoires. “Ce qui se déroule dans les territoires occupés de l’Ukraine – à Marioupol avant tout, mais aussi dans de vastes portions des oblasts de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson – est l’effacement délibéré de la population ukrainienne et son remplacement par des Russes” écrit la chercheuse Jade McGlynn dans Engelsberg Ideas. Le cas de Marioupol, explique McGlynn, est particulièrement révélateur : la ville comptait environ 450 000 habitants avant l’invasion de 2022 ; aujourd’hui, selon diverses estimations, elle compte 100 000 habitants, dont 70 % ont plus de 60 ans. Le taux de natalité y est bien inférieur à celui du reste de l’Ukraine, et la population diminue chaque mois. La ville, théâtre de l’une des batailles les plus sanglantes de la guerre, est en train de mourir. Dans le même temps, un processus de remplacement est en cours : “Selon les données fournies par le Centre d’étude de l’occupation sur les flux de colons, le nombre de citoyens russes à Marioupol a augmenté d’au moins 80 000 entre 2023 et 2025, au rythme actuel d’environ 2 200 par mois. D'après ces projections, d'ici la fin de l'année, les Russes seront plus nombreux que ceux qui vivaient à Marioupol avant l'invasion ; d'ici trois ans, leur nombre sera plus de deux fois supérieur ; d'ici une décennie, le remplacement sera quasi total”. |
Selon le démographe Oleksander Gladun, l’adhésion reste une perspective lointaine. À supposer qu’elle se concrétise, “elle ne devrait pas déclencher un exode massif de la population”. L’Ukraine était déjà partiellement intégrée au marché du travail européen dès 2022 : “À la fin de 2021, 1,6 million d’Ukrainiens détenaient un titre de séjour dans les pays de l’UE, dont 900 000 pour des raisons professionnelles”.
Pour Ippolitova, “l’adhésion de l’Ukraine à l’UE offre des avantages substantiels tant pour l’Ukraine que pour l’Union européenne, malgré les défis qu’une telle intégration implique inévitablement”. Pour l’Ukraine, ce processus garantira “l’accès au marché unique de l’UE, aux instruments de financement et aux programmes” européens ; l’Ukraine pourra également bénéficier “d’une meilleure protection des travailleurs, de produits et services plus sûrs, et d’une réglementation environnementale plus stricte” , ajoute-t-elle.
Plus un pays se sent en sécurité – sur les plans social, économique et militaire – plus ses habitants seront en mesure d’envisager un avenir. En matière de sécurité, question centrale pour l’Ukraine, “l’adhésion à l’UE renforcerait la résilience économique et institutionnelle du pays et approfondirait son intégration dans les cadres de sécurité européens”. Dans le même temps, poursuit Ippolitova, l’Ukraine “contribue de manière significative à la sécurité européenne grâce à sa capacité de défense, sa position stratégique et son expérience dans la lutte contre les menaces extérieures”.
Par ailleurs, les pays membres de l’UE ont récemment écarté toute adhésion accélérée de l’Ukraine, après avoir rejeté la proposition de “l’élargissement inversé” de la Commission européenne visant à admettre Kiev avant l’achèvement des réformes, comme le rapporte Politico. Ils privilégient désormais un modèle d’“intégration progressive accélérée” pour rapprocher l’Ukraine de l’Union sans lui offrir une adhésion immédiate.
Ce plan accorderait à l’Ukraine un accès privilégié au marché unique, aux programmes et aux institutions de l’UE, offrant des avantages économiques à court terme susceptibles de stabiliser les déplacements de population et le déclin démographique causés par la guerre, tout en atténuant le phénomène d’émigration.
Les prochaines étapes comprennent l'ouverture de négociations d'adhésion dans les semaines à venir, à la suite du changement politique en Hongrie après la défaite électorale de Viktor Orbán. Même dans un scénario optimiste, Kiev ne pourrait clore les chapitres qu'en 2027, et l'adhésion à part entière nécessiterait un accord unanime de tous les Etats membres de l'UE.
🤝 Cet article a été rédigé dans le cadre d'une collaboration journalistique transfrontalière européenne au sein du projet EU Neighbours East.
Vous appréciez notre travail ?
Contribuez à faire vivre un journalisme européen et multilingue, libre d’accès et sans publicité. Votre don, ponctuel ou mensuel, garantit l’indépendance de notre rédaction. Merci !
