La communauté Voxeurop European Citizens' Initiative on climate crisis

Contre le réchauffement climatique, l’arme de la démocratie participative

Une initiative citoyenne européenne vise à combattre le réchauffement climatique en prenant exemple sur des responsables politiques engagés.

Publié le 2 avril 2021 à 12:42

Faire de la politique à l'échelle locale en 2021 est probablement synonyme de nombreux maux de tête. Mais c'est aussi une opportunité unique de contribuer à la sauvegarde de la planète.

Pour répondre au défi du changement climatique, les maires qui soutiennent l'initiative StopGlobalWarming.eu ne manquent pas d'idées. Le 22 mars, ils se sont ainsi réunis, depuis les quatre coins de l'Europe, dans un événement en ligne organisé par EUMANS, le mouvement citoyen pour la démocratie et la durabilité.

"Conjuguée à la crise sanitaire, la crise sociale que nous traversons ne nous offre qu'une raison de plus de nous attaquer aux problématiques environnementales", a déclaré Marco Cappato, le représentant de StopGlobalWarming.eu. Comme l'indique le slogan du mouvement, le changement climatique porte gravement atteinte à nos vies. 

Cette initiative citoyenne défend la mise en œuvre d'un prix du carbone au sein de l'Union européenne. Reposant sur des propositions faites par 27 prix Nobel pour "taxer les émissions de CO2 plutôt que le travail", elle demande à ce que les recettes fiscales soient affectées à la transition écologique et la taxation du travail diminuée.

Une idée pour le moins ambitieuse. Les initiatives citoyennes européennes, dont la base juridique est assurée par les traités de l'Union européenne (UE), constituent un puissant instrument démocratique à même de forcer la Commission européenne à se prononcer sur des propositions spécifiques. 

Le premier réseau de municipalités signataires a été formé par plus de 70 maires italiens, dont ceux de Florence, Rome, Turin et Milan. Tout le monde est désormais invité à rejoindre le mouvement : l'objectif est d'atteindre le million de signatures d'ici le 22 juillet prochain. 

La liste des mairies et régions signataires de l'initiative est longue, laquelle a par ailleurs reçu le soutien de Mogens Lykketoft, président de l'Assemblée générale des Nations unies lors de la négociation de l'accord de Paris, et de Navy Pillai, anciennement Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Des centaines d'artistes et d'intellectuels ont également apporté leur voix au projet.

Pour Manuela Ripa, députée européenne pour le groupe des Verts, "la démocratie participative est aujourd'hui un élément essentiel du processus décisionnel en politique". "Les décisions que nous prenons pour réduire les émissions de CO2 doivent cibler autant que possible à la fois l'empreinte carbone et les émissions importées liées à la production de biens et services", a souligné Mme Ripa.

L'événement en ligne a fait office de visite guidée virtuelle des différents outils de démocratie participative accessibles aux citoyens. Les maires présents, de partout dans l'UE, ont alerté sur l'urgence de se mobiliser largement et ont cherché à stimuler l'élan citoyen et la demande pour des actions concrètes en faveur de la durabilité. 

Les maires qui veulent lutter contre le réchauffement climatique sont convaincus que c'est à eux qu'il revient d'établir les priorités en matière environnementale et de donner une impulsion au niveau local et au sein des communautés.

Selon Monica Frassoni, suppléante du représentant de l'initiative, les autorités locales se doivent "d'aller plus loin que l'instauration d'un prix du carbone". Elle a proposé que les bâtiments et espaces publics des municipalités puissent accueillir le public en vue d'obtenir davantage de signatures. 

C'est ce que Stefano Simonelli, président du Municipo XV à Rome (Italie), tente d'accomplir en impliquant les centres sportifs et les parcs à l'effort commun : "s'unir pour être plus forts" est son leitmotiv.

Si les mairies fournissent des informations aux citoyens, la réciproque aussi est vraie. Ils peuvent promouvoir le mouvement au sein de leur communauté en s'appuyant sur un texte accessible à tous, ou en transmettant celui-ci à leur municipalité.

En plus d'informer le public sur l'initiative et de promouvoir les signatures, les mairies se sont notamment engagées à produire un rapport sur les actions menées.

La ville de Ruse (Bulgarie), par exemple, participe à un projet international pour la mobilité durable, Civitas eccentric. La municipalité de Novo Mesto (Slovénie), dont le maire, Gregor Macedoni, s'est montré particulièrement actif au sein du Comité européen des régions, a rénové il y a peu tout son centre-ville, le rendant entièrement piéton. A Šiauliai (Lituanie), les émissions de CO2 ont été réduites de près de 700 % au cours de la dernière décennie et l'éclairage public est passé au tout LED. "Pour nous, c'est là notre devoir, et nous souhaitons partager les informations", a affirmé Justinas Svegzeda, conseiller du maire de Šiauliai . 

Le Jour de la Terre, célébré le 22 avril, sera de nouveau un moment important pour ce combat et aura pour thème, cette année, "la restauration de notre planète". "Nous ne pourrons pas sauver la planète si on ne s'attaque pas au réchauffement climatique et si on n'établit pas un prix du carbone correct, cela est clair", a déclaré Nick Nuttall, le directeur de la communication de EarthDay.org. 

L'avenir imaginé par les maires est déjà d'actualité. Le 23 mars, soit un jour seulement après l'événement qui les a rassemblés, le gouvernement irlandais a approuvé une loi – précédemment retoquée – en faveur du climat qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon Hazel Chu, la lord-maire de Dublin, c'est là l'évolution naturelle "d'une multitude de différentes choses" que les politiques appliquent déjà à l'échelle locale. 

La situation de la ville de Dublin, qui est confrontée à la nécessité de gérer des risques d'inondations et de s'adapter au changement climatique, nous apprend que les actions sont peut-être aussi importantes que la compréhension profonde des problématiques climatiques. "La situation fait encore peur car nous savons tous que ce n'est qu'une question de temps, a reconnu Mme Chu. Il nous faut parvenir à un changement conséquent des mentalités, et c'est pourquoi ces échanges sont essentiels."


Comment rejoindre le mouvement Mayors to StopGlobalWarming.eu

  • Pour en savoir plus et comprendre comment soutenir l'initiative, merci de nous contacter à info@stopglobalwarming.eu
  • Vous êtes citoyen européen et souhaitez participer à la campagne ?  Mettez votre mairie dans le coup ou ajoutez votre nom à la liste des signataires de votre pays ! Merci de contacter Virgina Fiume, coordinatrice du réseau européen de StopGlobalWarming.eu et de EUMANS à virginia.fiume@eumans.eu

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