La vague d’expulsions moins importante qu’on l’a dit

Publié le 23 mai 2013 à 13:06

Le chiffre de 39 000 familles expulsées de leur logement en 2012, cité par plusieurs journaux, serait-il gonflé ? A en croire les données publiées par la Banque d’Espagne, il semble que oui : selon les banques ayant effectué les expulsions forcées, « seuls » 2 405 propriétaires ont dû quitter leurs appartements en 2012 parce qu’il étaient incapables de rembourser leur prêts.

C’est « enfin la vérité sur les expulsions », se réjouit Jesús Rivases, directeur de l’hebdomadaire Tiempo, pour qui ces chiffres mettent en doute ceux soutenus par d’autres rapports et par les collectifs qui s’opposent aux expulsions, comme la Plate-forme des affectés par les hypothèques :

Il est clair qu’une immense majorité des 6,14 millions de crédits hypothécaires en cours sont remboursés, qu’il n’y a que 2 405 cas où les propriétaires ont dû remettre leurs logements aux banques alors qu’ils y habitaient, et qu’il n’a fallu faire appel à la police que dans 355 cas. Ce sont des données embarrassantes pour ceux qui pensent que les expulsions se comptent par centaines de milliers, mais aussi pour ceux qui pensent que ce sont des exceptions. […] Ce qui reste, ce sont des tonnes de démagogie et d’autres effets collatéraux, y compris les « escraches » — des pressions pures et simples. Désormais, heureusement, tout est plus clair […] Les chiffres traduisent la réalité d’une série de drames et de tragédies personnelles de plusieurs familles, mais ce sont ces chiffres là, et pas d’autres.

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