Le gouvernement impose sa culture nationale

Publié le 20 décembre 2012 à 11:21

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"Ne pas fermer sa gueule, ne pas pactiser" : le directeur du Théâtre national hongrois explique à la une du Magyar Narancs qu’il va continuer à prendre position dans le Kulturkampf qui agite actuellement la Hongrie. Car Róbert Alföldi, dont le mandat courrait jusqu’en 2013, va être remplacé par Attila Vidnyánszky, un proche du gouvernement de Viktor Orbán, qui lui reprochait de ne pas assez représenter les valeurs nationales.

En outre, depuis plusieurs mois, l’extrême droite critiquait son manque de patriotisme et dénonçait son homosexualité. “Mais alors, qu’est-ce qui n’était pas ‘national’ dans le théâtre d’Alföldi ?”, s’insurge l‘hebdomadaire libéral. “Et qui êtes-vous pour prescrire les valeurs nationales ? Qui êtes-vous pour douter des sentiments nationaux de quelqu’un ?"

"En Hongrie, la conception du pluralisme diverge de celle que l'on a en Europe occidentale”, constate le quotidien de gauche Népszava :

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On savait à l'avance qu'Attila Vidnyánszky deviendrait directeur du Théâtre national.[...] Dans des conditions normales, Róbert Alföldi aurait vraisemblablement eu la possibilité de poursuivre son travail réussi. [...] Mais les dirigeants ont veillé à placer des proches dans l'instance de neuf membres qui décide des postes de directeur. Voilà le problème.

Mais pour le quotidien de droite Magyar Nemzet, le changement de direction imposé par le gouvernement est une bonne chose :

La nomination de Vidnyánszky va aider à faire comprendre le mot ‘national’ à ceux qui jusqu’à présent ne semblent pas vraiment de le comprendre….

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