Plus incontournable que jamais

Vainqueur incontestable des élections du 22 septembre, Angela Merkel va devoir trouver des partenaires pour gouverner. Mais quelle que soit la coalition, elle devra assumer le pouvoir qui est désormais celui du pays.

Publié le 23 septembre 2013 à 15:02

Les Allemands ont voté. Leurs partenaires européens peuvent respirer : le scrutin est passé, même si la phase la plus passionnante, celle de la formation d’un nouveau gouvernement à Berlin, attend encore les acteurs comme les observateurs.
Les tensions découlant de la question de savoir qui désormais tiendra les rênes de la politique au cœur de l’Europe ne sont pas injustifiées. Elles sont le fruit des événements et des expériences de quatre années marquées par la crise des dettes publiques européennes, par un climat d’inquiétude au sujet de la survie de l'union monétaire, et par le débat sur les moyens à mettre en œuvre pour assurer la pérennité de l’euro. L’Allemagne y a joué un rôle clé ; beaucoup qualifieraient ce rôle de "déterminant" et de "dominant".
Le moins que l’on puisse dire, c'est que ça n'a pas vraiment ravi les pays du Sud. L’Allemagne insistait sur la nécessité de consolider les politiques budgétaires et faisait du ralliement à ses propres préférences politiques une condition au déblocage de fonds de secours – c'était également une condition impérative pour que la plupart des Allemands, qui étaient déjà mentalement montés sur les barricades, ne se détournent pas politiquement de l’Europe. La place centrale de Berlin est aujourd’hui plus flagrante qu’elle ne l’a jamais été depuis la chute du Mur.

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Après le vote

Réformer, oui, mais avec qui ?

"Angela Merkel doit sortir de la défensive", commente le quotidien Die Welt au lendemain des législatives du 22 septembre. Pour le quotidien allemand,

après ce triomphe électoral, la chancelière n’a plus rien à perdre. Elle devrait utiliser les prochaines années au pouvoir pour mener des réformes en Europe et dans son pays. Merkel plaît aux Allemands parce qu’elle se montre discrète et semble faire son travail sans narcissisme et sans gêner ses concitoyens. Mais est-ce que cela suffira ?
"Angie" est certes en position de former un gouvernement, mais "qui veut encore former une coalition avec Merkel ?", se demande Stern. La chancelière a en effet l’habitude d’anéantir ses partenaires de coalition :
après la grande coalition de 2009, les sociaux-démocrates [SPD] ont chuté ; en 2013, cela a coûté aux libéraux [FDP] leur présence au Parlement. Ce serait donc un grand défi pour le SPD que de convaincre ses militants d’une nouvelle grande coalition. Mais c’est la plus probable des solutions, face à la majorité rouge-verte au Bundesrat [chambre haute].

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