Décryptage L'Archipel Yougoslavie 30 ans après son éclatement | Slovénie

Nous avions rêvé de démocratie, nous nous sommes réveillés avec le capitalisme

L'écrivain slovène Drago Jančar avait la quarantaine lorsque la Yougoslavie a éclaté. Pendant longtemps, il avait du mal à croire que la diversité culturelle de son pays qu'il avait aimée était perdue. Aujourd'hui, 30 ans après la fin de la guerre, il revisite avec nostalgie et colère cet Etat multiethnique qui, selon lui, s'est effondré essentiellement parce que c'était tout de même une dictature.

Publié le 25 août 2021 à 09:57

Lorsque la vie commune dans un mariage devient insupportable, les conjoints décident de divorcer. Et lorsque cela arrive enfin, après de longues et pénibles discussions, après des formalités terribles et humiliantes pour les deux, un vide béant apparaît des deux côtés. Le vide d'un appartement abandonné, le vide d'une amputation humaine, le son de ce silence créé par le néant. Et ce, malgré le fait qu'il y ait eu de nombreux conflits, et oui, de la haine même. Mais là où il y a la haine, il y a aussi l'amour, comme on peut le lire dans n'importe quel roman policier. 

Telles étaient mes pensées en 1991.

Trente ans plus tard, je me référerais plus volontiers au roman de José Saramago, Le radeau de pierre pour symboliser la désintégration de cet ancien Etat, qu’au titre que le réseau littéraire Traduki a proposé pour cette série d'essais sur l'archipel yougoslave. L'auteur y raconte l'histoire de la péninsule ibérique, où une ligne minuscule tracée avec une branche d'orme provoque des mouvements tectoniques, à la suite desquels la péninsule se sépare du continent et devient une île, un radeau de pierre dérivant vers la mer ; les politiciens incompétents et les riches retirent leur argent, les hôtels abandonnés sur la côte sont occupés par des sans-abri, le chaos s'ensuit. 


L’Archipel Yougoslavie 30 ans après son éclatement
  1. Kosovo : Le pays de “bolji život” – la vie meilleure
  2. Pendant la guerre, sur les lieux du crime, “j’ai vu le pire visage du genre humain” (Serbie)
  3. Cette horloge de l’apocalypse que je porte en moi depuis la guerre (Bosnie-Herzégovine)
  4. Nous avions rêvé de démocratie, nous nous sommes réveillés avec le capitalisme (Slovénie)

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